Mesdames et Messieurs les Conseillers, chères Consœurs et Confrères,
Je souhaite vous apporter des explications qui me semblent nécessaires sur le choix du budget 2008 du CNO, et bien évidemment sur le choix qui en découle, du montant des cotisations. Mais avant, si vous le permettez, je voudrais saluer le dévouement exceptionnel de tous vos élus. Pendant des mois, ils ont travaillé sans locaux, sans finances, donc sur leur propre trésorerie, sans directives et la plupart du temps, sans véritables connaissances des textes régissant notre Ordre. Ils étaient et sont des masseurs-kinésithérapeutes, plus rompus à soigner leurs patients qu’à mettre en place un Conseil de l’Ordre. Merci à vous toutes et vous tous d’avoir consacré tant d’énergie à bâtir cet édifice.
Remontons maintenant le temps, jusqu’à ce mois de juillet 2006, date de la mise en place du Conseil National : le Président et le Bureau sont élus et rassemblent toutes les sensibilités de la profession. La construction administrative et fonctionnelle de l’Ordre peut démarrer.
Le seul problème est comment et avec quoi : nous ne disposons d’aucun fichier ; pendant de longs mois, le ministère refuse de nous communiquer le fichier ADELI, nous n’avons aucuns moyens financiers et aucun local pour nous réunir. C’est ainsi que le Bureau, en raison d’une réunion d’un jour par semaine, à Paris, va commencer à travailler en étant héberger gracieusement par la CNPL (Chambre Nationale des Professions Libérales). Nous avons ainsi organisé la mise en place de l’Ordre, sur nos propres deniers, de juillet 2006 à janvier 2007. Ceci a représenté plus de 20 voyages à Paris, de un à deux jours de présence, et par exemple pour moi, qui venait de Marseille, vous pouvez aisément calculer le coût que cela a représenté, sans parler de la fatigue et du temps personnel engagé.
Au mois de janvier 2007, nous avons enfin pu obtenir un prêt bancaire de la Banque Populaire et pu louer un local. Après un audit auprès de cinq grandes banques, c’est en effet la Banque Populaire qui nous a proposé les meilleures conditions. Malgré une modélisation prospective du premier budget de l’Ordre, il était impossible de l’affiner de façon précise dans la mesure où nous ne connaissions pas le nombre exact des masseurs-kinésithérapeutes salariés et libéraux. Aucun document officiel n’était disponible, la CARPIMKO refusant de nous communiquer son fichier. En décembre 2006, le ministère a fini par nous transmettre le fichier ADELI qui comportait 75 000 masseurs-kinésithérapeutes libéraux ! Ses premières consultations nous montrèrent vite qu’il était truffé d’erreurs et de multiples doublons. En raison de ces erreurs de fichier, de très nombreux confrères ne reçurent pas leur dossier de préinscription, alors que d’autres le recevaient en triple exemplaires. Il faut se rappeler qu’en janvier 2007, le CNO n’avait qu’une seule employée !
Nous avons voulu que symboliquement le premier budget soit celui d’un exercice de juillet 2006, date de la naissance du CNO, à décembre 2007. Mais en fait, les véritables investissements matériels et humains, n’ont débuté qu’en janvier 2007. Beaucoup de confrères ont ainsi pu imaginer que le premier budget était sur 18 mois, et qu’ainsi celui de 2008, par application d’une simple règle de trois, serait moins important. Je conviens que le CNO n’a pas suffisamment communiqué sur ce point, tant il était occupé par d’innombrables tâches plus urgentes les unes que les autres.
La fixation du budget 2008 fut délicate pour plusieurs raisons :
1) La totalité des cotisations escomptées ne sont pas encore rentrées, d’abord à cause des erreurs du fichier, beaucoup de confrères n’ayant rien reçu du CNO ; ensuite en raison d’erreurs sur le nombre potentiel de confrères, listés sur le fichier, mais supérieur à la réalité. Enfin, l’absence totale d’un fichier des salariés. Cette donnée est d’ailleurs à rapprocher du petit nombre de cotisants salariés : ne pouvant être joints, il était normal qu’il y ait peu de cotisants. Cet aspect vient diluer l’argument d’une soi-disant mauvaise volonté générale de leur part.
2) La sous-dotation de nombreux départements qui ne pourront offrir des services valables et assumer leur mission, sans avoir recours à un mécanisme d’harmonisation.
3) La prévision de budgets pour la communication et la promotion de la profession, pour l’action juridique et, notamment, la lutte contre l’exercice illégal, pour la mise en place de l’Evaluation des Pratiques Professionnelles, autre mission de l’Ordre.
4) La projection des budgets des Conseils Régionaux avec la mise en place des Chambres Disciplinaires.
Malgré toutes ces dépenses nouvelles, mais indispensables, le CNO était bien conscient de la nécessité de faire varier à la Baisse la hauteur de son budget. Cette diminution atteint plus de trois millions d’euros par rapport au précédent budget !
Pouvait-on faire mieux ? Il est certain qu’avec une baisse de 6 à 7 millions d’euros, les cotisations auraient été significativement plus basses, mais avec des conséquences immédiates désastreuses.
Avec un tel budget, pas de communication grand public, pas de campagnes de promotion de la profession, pas de service juridique et une EPP réduite à sa plus simple expression. Nous sommes-nous battus pendant des années pour avoir un Ordre qui ressemble à un bureau d’enregistrement des diplômes, comme le faisaient les DDASS ?
Au moment où notre profession est attaquée de toutes parts, n’avons-nous pas un besoin urgent d’un Ordre fort et puissant, qui puisse se faire entendre dans tous les lieux où se prennent les décisions ? Heureusement, malgré la diversité des uns et des autres, le Conseil National a voté à la quasi unanimité le budget 2008, preuve de sa prise de conscience et de sa responsabilité dans ce choix.
Je souhaite que la réflexion se fasse à tous niveaux avec ce même sens de la responsabilité, en prenant bien conscience que les Conseillers Nationaux ne sont pas enfermés dans une tour d’ivoire. Ils sont avant tout des masseurs-kinésithérapeutes élus pour remplir une mission importante, mais ce sont aussi des professionnels qui travaillent en cabinet ou en établissements, donc qui ont les mêmes préoccupations que vous.
Confraternellement à vous.
René COURATIER
Vice-Président du CNOMK
NOTE: Ce courrier est la réponse de René Couratier suite à notre demande d’explications (voir article précédent).Il a été publié intégralement dans un souci de transparence. Chacun en pensera ce qu’il voudra et pourra laisser ses commentaires…
Cet article a été publié le Samedi 29 décembre 2007 à 13:47 dans Nouvelles de l'Ordre. Vous pouvez en suivre les commentaires par le biais du flux RSS 2.0. Vous pouvez laisser un commentaire, ou faire un trackback depuis votre propre site.
voilà ce que disait M Evenou dans une lettre envoyé au salarié en décembre 2006
“Le montant des cotisations qui vont être demandées aux Masseurs-Kinésithérapeutes salariés : 200 euros sur un exercice budgétaire allant de Juillet 2006 à Décembre 2007 ont été voté au Conseil National du 07 Novembre 2006.”
je trouve bizarre et scandaleux que maintenant on puisse dire le contraire
“Enfin, l’absence totale d’un fichier des salariés. Cette donnée est d’ailleurs à rapprocher du petit nombre de cotisants salariés : ne pouvant être joints, il était normal qu’il y ait peu de cotisants. Cet aspect vient diluer l’argument d’une soi-disant mauvaise volonté générale de leur part.”
Je vous donne une idée pour les retrouver plus rapidement :
1. Suivez ce lien –> http://www.pagesjaunes.fr/trouverlesprofessionnels/index.do
Vous tapez centre hospitalier, de rééducation, j’en passe et des meilleurs dans Qui et 17 dans Où.
2. Prenez votre téléphone flambant neuf que vous venez d’acquérir et téléphonez à ces différents centres, ils se feront une joie de vous faire parvenir le listing complet de leurs kinésithérapeutes dévoués. Si besoin et pour vous faciliter la tache n’hésitez pas à leur transmettre votre e-mail, la plupart des Hôpitaux Français sont maintenant équipés de cette technologie.
3. Faites leur alors parvenir le dossier d’inscription et le montant de la cotisation à payer.
4. Vous encaissez et tout est gagné
Enfin et pour terminer je pense que votre commentaire est un manque de respect total envers vos CONFRÈRES salariés qui ont DÉCIDÉS volontairement de ne pas s’acquitter de ce nouvel impôt qu’ils jugent trop élevé, et ce tout simplement.
Il est vrai que pratiquer la politique de l’autruche est parfois bien plus simple et moins fatiguant que de chercher à comprendre, écouter, parlementer, discuter …..
Merci.